Porte-voix: Pierre St-Arnaud

Pour marquer les cinq ans de ce blogue, je partagerai, pendant quelques semaines, ma tribune avec des collègues de différents médias et de différentes régions du Québec. Je les interroge sur leur vision du journalisme.

Cette semaine, Pierre St-Arnaud (@PsaLaPC), journaliste-reporter à La Presse canadienne.

Qu’aimes-tu le plus de ta profession?

 » La liste serait longue, mais en gros : le fait d’être dans l’action, dans l’actualité, témoin de l’histoire à mesure qu’elle s’écrit. L’absence de routine la plupart du temps. »

Qu’en aimes-tu le moins?

« La vitesse de production et la charge de travail qui tous deux empêchent de faire le boulot comme il faut. »

Qu’est-ce qui t’aiderait?

« Plus de personnel (de collègues), plus de temps. »

Qu’est-ce qui ne devrait pas exister en journalisme?

« L’attaché de presse qui envoie un courriel avec une réponse toute faite, sans que l’on puisse parler à une personne en autorité (ministre, gens d’affaires, etc). Pour ma part, je refuse systématiquement de citer un communiqué et j’avertis l’attaché en question que je veux parler au patron lui-même. Sinon, pas de citation. »

Un conseil pour un journaliste débutant?

« Toujours, toujours collaborer avec les collègues sur le terrain. Nos patrons sont dans la business de la compétition, nous, on est dans la business de la communication. Si t’es sur le terrain au même événement qu’un collègue, y aura pas de scoop : vous couvrez tous les deux (trois ou quatre ou plus) la même maudite affaire. Collaborer avec les autres attire la collaboration avec toi quand tu seras mal pris. »

Quel conseil aurais-tu aimé recevoir d’un journaliste plus expérimenté?

« Es-tu absolument sûr que tu veux être journaliste? Veux-tu vraiment informer le public? As-tu une vocation réelle? Si tu veux devenir une vedette, cherche une autre voie. Tu vas nuire à tout le monde. »

Qu’est-ce que le public devrait savoir sur ton métier?

 » La différence entre un reporter, un journaliste qui rapporte ce qui se passe et les chroniqueurs-éditorialistes-blogueurs-et-autres-vendeurs d’opinion. Et le public doit savoir que les propos d’un chroniqueur-éditorialiste-etc n’ont rien à voir avec les «nouvelles» qui se trouvent dans les médias et qui sont écrites dans les règles de l’art. Aussi, beaucoup de monde regardent de haut le Journal (de Mtl et de Qc), sans savoir que le chef du bureau d’enquête à Québec est un vieux routier du Devoir, que plusieurs journalistes du Journal viennent de La Presse, de la Presse canadienne, du Devoir, du Métro, du Soleil;, etc etc etc. »

Carte blanche

 

« Maudit qu’il est temps que le gouvernement institue l’éducation aux médias dans le curriculum – niveau primaire, secondaire et collégial – à une époque où il est devenu hyper difficile de distinguer le vrai du faux. »

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