Publié dans Médias

En direct du congrès : #metoo et ses suites dans les médias

En après-midi, le congrès de la FPJQ a délaissé la pandémie pour s’intéresser à des enjeux touchant la pratique du métier.

Entre les mailles a mis en lumière les mouvements sociaux qui se déroulent loin des institutions traditionnelles, notamment les vagues de dénonciations d’agressions sexuelles où les victimes alléguées ciblent leur agresseur sur les réseaux sociaux et dans les médias.

Les journalistes ont énormément contribué à l’expansion des différentes vagues de dénonciations de 2014, 2017 et 2020, entre autres, avec pour point culminant #MeToo. Des mouvements qui ont pris naissance, pour la plupart, aux États-Unis, mais qui ont fini par trouver écho au Québec.

Des liens sont par ailleurs à faire entre les mouvements antiracisme, les dénonciations d’agression sexuelles et les autres formes de confessions, ont indiqué les intervenantes invitées. Ces mouvements coexistent et s’influencent les uns les autres parce qu’ils ont ceci en commun: ce qui a déjà été tolérable ne l’est plus.

En d’autres mots: alors que le système judiciaire vise à punir un individu retrouvé coupable d’avoir brisé le contrat social (les lois), le mouvement social, lui, sert à remettre en question notre perception et nos réactions face à celui-ci.

Claire Loewen, de CBC, s’est interrogée sur le rôle que devaient jouer les journalistes dans le dévoilement de ces allégations sur la place publique. « Je me suis interrogée sur le rôle des médias dans ces mouvements de justice sociale alors que les victimes dénoncent sur leurs propres plateformes », a-t-elle confié à Yves Boivert, qui modérait les discussions.

Selon la journaliste, les victimes alléguées ont unmanque de confiance dans le système de justice actuel, que ce soit parce qu’elles ont vainement tenté de dénoncer leur agression par les moyens traditionnels ou parce qu’elles n’ont pas l’impression qu’elles obtiendront justice de la façon.

Améli Pineda, qui a traité nombre de ces dénonciations, estime pour sa part que les journalistes ont pour rôle de mettre en lumière le mouvement, mais pas de trancher sur chacun des cas. Le journaliste doit vérifier les allégations, corroborer les faits et les mettre en contexte afin d’éclairer la population sur la crise sociale qui entoure la situation. D’ailleurs, souligne-t-elle, la prudence est de mise. C’est pour cela que les médias n’ont pas publié immédiatement les allégations de la chanteuse Safia Nolin à l’égard de l’animatrice Maripier Morin, par exemple. « On a été capables d’expliquer pourquoi on a attendu, parce qu’il fallait faire des vérifications, parler aux personnes impliquées.. On est dans une ère ou l’instantanéité nous mène; les réseaux sociaux, ça va vraiment vite, mais on a un souci de rigueur à respecter », affirme-t-elle.

Surtout parce que les révélations diffusées par les journalistes peuvent avoir un impact important tant sur l’opinion publique que sur la gestion des institutions, fait valoir Claire Loewen.

C’est pour cette raison qu’idéalement, on souhaite que les gens témoignent à visage découvert. Mais pour Amélie Pineda, une source anonyme n’est pas sans valeur, si le témoignage est solide et corroboré.

Il faut prendre le temps de mettre les témoins en confiance et de leur expliquer le processus journalistique, qui inclut entre autres d’offrir une réplique à la personne ciblée par les allégations. Selon Améli Pineda, la transparence est cruciale.

Il est aussi important de s’attarder aux motivations qui poussent la personne à dénoncer. Contrairement à ce qu’on peut penser, ce n’est pas tant la vengeance qui animent ces victimes, mais plus leur souhait de prévenir d’autres personnes susceptibles de se trouver dans une situation similaire et pour reprendre reprendre le contrôle sur leur vie, explique la journaliste du Devoir.

« Mon rôle n’est pas d’avoir un parti pris, mais d’être factuelle », a-t-il dit, ajoutant que bien des témoignages dorment quelque part, en attendant d’être suffisamment appuyés pour être rendus publics.

Auteur :

Curiosité. Rigueur. Professionnalisme. Tout le monde a une histoire qui lui est propre. C'est ce qui m'intéresse. Journaliste de formation et de passion, j'aime raconter les histoires d'autrui. Passionnée par les communications, j'ai besoin de me trouver dans le feu de l'action.

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