Médias et politique: l’autre côté du miroir

Cet intéressant billet aborde  l’importance du journalisme dans le processus politique. L’auteur, le sociologue américain Herbert Gans, déplore le traitement plutôt minimaliste désormais réservé à ce secteur de l’information, qui s’articule surtout autour des annonces officielles, avec une faible contextualisation, et du fait de rapporter uniquement ce qui suscitera de fortes réactions. Surtout, il valorise le commentaire et l’analyse, qui permettent d’alimenter le débat mais aussi de recentrer celui-ci sur les fondements de notre système politique.

Admittedly, journalists alone cannot make America more democratic. But they can turn democracy itself into a newsworthy topic. In so doing, they would sometimes have to set aside their defensive objectivity and their division of the political world into two sides, as well as the false equivalences this division can breed.

Je faisais état, dans un précédent billet (Quand information devient propagande), de l’importance de l’indépendance des médias,  particulièrement face au pouvoir politique. Pourtant, il fut un temps où les deux étaient intimement liés.  En effet, les premiers journaux sont issus d’une volonté non seulement d’informer sur le politique de l’époque, mais aussi d’un désir de partager sa propre opinion sur le sujet.

Le fondement de la réflexion de Gans s’articule aussi autour de la réflexion qui s’est enclenchée dans les médias à propos de la redéfinition de leur mission, à l’ère du numérique.  Selon lui, les médias d’information doivent contribuer et contribuent à la démocratie.

Sans aucun doute, ils le font déjà;  Gans propose d’ailleurs certaines pistes de solution pour améliorer cette contribution.

Certes, les journalistes doivent continuer de rapporter les faits saillants de la gouverne, mais ils doivent aussi élargir leurs horizons. La politique concerne tous les membres d’une société; l’action citoyenne, comme le souligne Gans, doit être davantage explorée car celle-ci a parfois d’importants impacts sur les décisions des élus.

Les organisations politiques plus modestes, alternatifs et marginaux méritent aussi qu’on leur taille une place pour se faire entendre. Dans cette veine, j’abonde dans le sens de Gans quand il suggère que la couverture de la politique se diversifie et trouve sa voie dans de nouvelles directions.

Autrement, les médias ne sont que la courroie de transmission de l’ordre établi alors que, sans chercher à le renverser, ils doivent permettre de le remettre en question.

La force des médias pour sensibiliser la population demeure sa capacité à être le miroir de celle-ci. C’est en se voyant tel que l’on est que l’on se décide à améliorer certains « défauts »…

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