L’achat de CurrentTV par Al Jazeera cause bien des remous aux États-Unis. L’arrivée de la chaîne d’information arabe, dont les bureaux américains seront situés à New York, ne fait pas l’unanimité.

Cela soulève une réflexion sur l’origine des médias et l’existence d’une certaine xénophobie médiatique. La réaction aurait-elle était la même si CurrentTV avait été achetée par des intérêts américains? Probablement pas.

Pourtant, l’arrivée d’Al Jazeera aux États-Unis n’est pas une mauvaise nouvelle en soi, du point de vue de la qualité de l’information. Dans une société, il est primordial de voir une diversité de points de vue exprimés sur la place publique. C’est un des fondements de la démocratie. La globalité de l’information et la possibilité de savoir rapidement ce qui se passe partout sur la planète sont deux des plus grands avantages de l’avancement des technologies médiatiques. De ce fait, la nouvelle chaîne contribuera activement à augmenter l’offre de contenus informationnels disponibles aux auditoires. Qui devrait s’en plaindre, si ce n’est ceux qui voient là une perte de leur contrôle de l’information?

Certains Américains craignent par ailleurs que la présence de la chaîne arabe ont plutôt peur de voir leurs croyances ternies ou leur système remis en question. Justement, le regard différent que jettera Al Jazeera sur l’information fait en sorte que cette dernière sera traitée différemment, un atout pour les Américains. Je dirais même qu’il s’agit là d’un vent de fraîcheur, l’actualité étant souvent représentative des deux grands courants politiques qui s’affrontent depuis la fondation du pays.

De plus, le système ne saurait être chamboulé par la seule faute des médias. Les journalistes ne sont pas des espions et n’aspirent pas à l’être. Qu’ils aspirent à la gloire et au prestige, ou qu’ils souhaitent tout simplement faire un bon travail d’information et d’éducation, ils n’en demeure pas moins qu’ils recherchent et relèvent des faits. Parfois, le fruit de leurs recherches peut embarrasser certaines personnes, mais que cela peut aussi bien se produire avec un média local et institutionnel qu’avec un média étranger. Dans le premier cas, étouffer une affaire d’intérêt public dans le seul but de  protéger un élu ou une source est un manque sévère à la déontologie journalistique.

Et puis, l’arrivée d’Al Jazeera est une bonne nouvelle dans l’univers du journalisme. En vue de sa mise en ondes, la chaîne a ouvert une centaine d’emplois, ce qui est rare dans le contexte actuel où on assiste plutôt à d’importantes coupures de postes.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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