Voilà, c’est dit. Ça a déjà été dit dans le passé, et c’est un constat qui est de plus en plus vrai. L’information est un produit qui se vend par un média à des lecteurs, qui dans les faits sont eux-mêmes vendus par le média à des annonceurs.

Donc, logique commerciale oblige, plus une information suscite l’intérêt d’un auditoire, plus elle vaut cher, car elle augmente le taux de consultation du média. Conséquemment, ce média peut monnayer plus avantageusement l’espace publicitaire aux annonceurs.

Ce qui fait d’une information qu’elle est « vendeuse » ou non, c’est souvent sa teneur en émotions fortes. Dans le milieu, on parle souvent des trois S : sexe, sang et sport.  Ainsi, les nouvelles sportives, de par la ferveur qu’elles soulèvent, les potins mondains, les variétés de même que les faits divers de par la curiosité et le côté voyeur qu’ils satisfassent, sont les sujets par excellence pour attirer l’attention d’une grande partie de la population.

Parfois, l’information la plus susceptible d’attirer l’attention des consommateurs est également la plus importante dans l’actualité, par exemple les scandales politiques. Ça, c’est TRÈS payant.

Un autre type d’information-produit rentable est l’information spécialisée, que l’on retrouve dans des médias dédiés exclusivement à un groupe d’individus précis. Ce qui est intéressant des médias spécialisés est qu’ils sont activement recherchés par leurs consommateurs, contrairement aux médias généralistes qui doivent plutôt vendre, justement, leur contenu au public. C’est pour cette raison que les médias spécialisés ont moins besoin d’annonceurs; les consommateurs se procurent et sont prêts à payer pour accéder aux contenus.

Dans tous les cas, la notion d’information-produit, soumise à la logique mentionnée plus haut, entraîne une série de choix pour les dirigeants des médias. Si en théorie, les médias d’information ont pour mission de traiter de l’actualité en fonction de l’intérêt public des nouvelles, ils sont néanmoins soumis à des contraintes économiques et donc, de devoir promouvoir des contenus plus vendeurs au détriment d’informations plus substantielles, mais à priori moins alléchantes.

Car l’économie est l’enjeu sur lequel les médias doivent le plus souvent se battre. C’est l’éternel combat entre la survie et l’idéalisme…

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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