Réflexion post-congrès: éclaircir la noirceur

Le congrès annuel de la Fédération des journalistes du Québec vient de tirer à sa fin. Déjà.

Quelles conclusions tirer de ce rassemblement, aussi motivant qu’informatif, qui portrait sur la transparence, ou plutôt le manque de transparence, de nos institutions?

D’abord, que du travail est à faire. Beaucoup de travail. Que celui des journalistes est méconnu, incompris, et qu’il demeure beaucoup de portes à défoncer pour bien informer la population.

Ensuite, que les organisations ont elles aussi du pain sur la planche pour être transparentes, et que cela doit s’opérer par un changement de mentalités et de pratiques.

Les décideurs eux-mêmes ne semblent pas savoir pourquoi les lois empêchent davantage qu’elles ne facilitent l’accès à l’information; eux aussi devront trimer dur pour nous convaincre que des améliorations changeront la donne.

Puis, que l’obscurité, ce n’est pas seulement le manque de transparence de nos institutions. C’est aussi l’avenir des médias et du journalisme, au Québec comme partout ailleurs.

Presque tous les groupes de presse sont touchés; les indépendants n’y font pas exception. Le journalisme traverse une période de crise, mais cette dernière, plutôt que de diviser les journalistes, les rassemble, en dépit des concurrences. Au point où l’invité spécial au congrès, le mercenaire de l’information et fondateur de Médiapart Edwy Plenel, aura déclaré à l’assemblée: « Je pensais venir ici pour transmettre un message d’optimisme, mais depuis que je suis là ce matin, c’est l’inverse qui se produit. »

Malgré ces temps moroses pour l’industrie, qui n’ont pas manqué d’être soulignés tout au long du congrès, les artisans de l’information demeurent plus convaincus que jamais de leur pertinence. En effet, alors qu’ils sombrent eux-mêmes dans l’obscurité, ils doivent désormais se battre encore plus fort pour contrer la noirceur que leur impose les organisations.

Et cette ferveur de servir l’intérêt public était bien présente chez les congressistes. C’était beau à voir.

La fin de semaine s’est terminée en grand avec la manifestation pour sauver Radio-Canada, où ils ont été des milliers à dénoncer ce qui semble être le démantèlement de la société d’État.

Il n’est pas trop tard pour mener le combat. Et si l’information semble en péril, elle ne disparaîtra pas tant que nous nous battrons pour la préserver.

J’ai confiance plus que jamais.

À lire:

Projet J: De l’espoir dans la morosité

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