Avec l’année qui s’achève, l’heure est à la fois aux bilans et aux souhaits. 2014 a été une année très difficile pour les médias, où qu’ils soient.

Acquisitions, fermetures, compressions, réorganisations: très peu y ont échappé, particulièrement dans le secteur de la presse écrite au Québec.

Certaines personnes dans mon entourage m’ont confié avoir remarqué que leur quotidien ou leur hebdomadaire de quartier s’amincit à vue d’œil, que les reportages y semblent moins poussés, qu’on y retrouve beaucoup plus de reportages issus de médias nationaux, bref, que le contenu des médias change, et pas nécessairement pour le mieux.

Vous l’aurez sans doute deviné, mon souhait pour l’an prochain, est que les médias régionaux survivent et redeviennent un outil d’information incontournable pour les populations qu’elles desservent.

Il faut cesser de voir l’information régionale comme une dépense, mais comme un service offert à des auditoires qui, autrement, ne seraient pas au fait de ce qui se passe dans leur municipalité. Les médias nationaux n’ont ni les ressources, ni le temps, ni intérêt à couvrir systématiquement ce qui se produit dans les plus petites villes, à moins qu’il ne s’y produise un événement extraordinaire.

Or, la connaissance des activités politiques, sociales, communautaires, culturelles et sportives, même à petite échelle, favorise un sentiment d’appartenance à une communauté. On ne le répètera jamais assez.

Et contrairement à ce que l’on peut croire, les gens sont en général très attachés à leurs médias d’information locaux. Ils leur sont très fidèles, particulièrement dans les secteurs où il n’y a pas de média national. C’est « leur » média, et celui-ci fait partie de leurs habitudes de consommation.

À force de couper les ressources, déjà limitées, aux médias régionaux, on épargne peut-être quelques dollars ici et là, mais à long terme, ces décisions sont beaucoup plus coûteuses qu’elles ne permettent d’économiser; sans public à informer, un média n’a pas sa raison d’être.

À tous mes collègues des régions, je vous souhaite de bien tirer votre épingle du jeu en 2015. Que le contexte difficile que nous avons connu cette année vous inspire toutes sortes d’idées pour réinventer votre boulot, pour que l’information et le public en sortent gagnants.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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