Sauter la clôture

On connaît maintenant les candidats qui se disputeront le siège de député dans Chauveau, à Québec. C’est ainsi que, pour remplacer un ex-journaliste  s’affronteront trois… ex-journalistes!

Il s’agit de Jocelyne Cazin (CAQ), ex-animatrice du réseau TVA, de Véronyque Tremblay, jusqu’à tout récemment journaliste chez Cogeco, et de Sébastien Couture, journaliste à L’Écho du Lac.

Est-ce seulement une impression, ou de plus en plus de journalistes font le saut en politique? Depuis quelques années, nombreux sont ceux qui sont sortis du placard et ont affiché leurs couleurs en rejoignant un parti.

Les exemples abondent: Gérard Deltell, Jean-François Lisée, Christine St-Pierre, Bernard Drainville, Pierre Duchesne, François Paradis, alouette! ont été élus à l’Assemblée nationale au cours des dix dernières années. J’en oublie sûrement qui sont passés par là auparavant, mais certainement pas René Lévesque, Claude Ryan, Jean-Pierre Charbonneau et compagnie.

D’autres, comme Pascale Déry et Alexis Deschênes, n’ont pour leur part pas remporté leur pari.

On ne peut remettre en question le fait que ces individus, qui jouissent déjà d’une certaine notoriété, sont outillés pour s’acquitter de leur tâche; connaissance des enjeux (dans la plupart des cas), écoute et esprit de synthèse, curiosité intellectuelle, intérêt pour autrui, sens de la recherche, une bonne capacité à gérer le stress et des horaires atypiques et la verve de poser des questions et de débattre.

Certes, le passage en politique de certains journalistes peut, d’une certaine manière, expliquer le cynisme que certains ont à l’égard des médias, qu’ils jugent biaisés et à la solde des grands partis.

On remet alors en doute le professionnalisme des candidats, on suppose qu’ils ont traité la nouvelles et les intervenants dans l’oeil de leur idéologie. Gilbert Lavoie détaille ici la transition difficile que vivent certains.

Somme toute, comme les médias et la politique ont toujours été liés — on se rappellera que les premiers journaux dépendaient des organes politiques qui les possédaient —, il n’y a rien de bien étonnant à retrouver de plus en plus de journalistes dans l’arène politique, surtout avec la précarité des emplois et les crachoirs dont font usage de plus en plus de chroniqueurs, indique Chantal Hébert.

Mais rappelons que même si le journalisme impose un devoir de réserve et une relative objectivité dans le traitement journalistique à ceux qui exercent ce noble métier, ces derniers demeurent tout de même des personnes avec des valeurs, des opinions et un profond amour de la démocratie.

Et c’est quand ces convictions deviennent plus fortes que le reste que les journalistes passent de l’autre côté de la clôture. Ils continuent d’user des mots, mais choisissent de le faire plus directement, d’avoir les coudées franches, libérés des contraintes éthiques qu’oblige le journalisme.

Ils ne font donc que servir la population autrement.

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