Aujourd’hui, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a dénoncé l’attitude du maire Jean Tremblay à l’endroit d’une journaliste, à qui il a affirmé « qu’il n’avait rien à lui dire, mis à part si elle vient dans son bureau lui murmurer de gentilles choses à l’oreille ».

À mon oreille à moi, ça n’a rien de petits mots doux…

Certes, la notoire animosité ressentie par le coloré maire de Saguenay envers les journalistes semble plutôt généralisée, mais cet exemple n’est pas le seul qui démontre qu’encore en 2016, les femmes journalistes font l’objet de sexisme.

Les collègues masculins sont eux aussi la cible d’insultes et d’injures dans le cadre de leur métier, mais à mon avis, certains exemples énumérés ci-bas n’auraient pas eu lieu si la journaliste impliquée avait été un homme.

Le tout est d’ailleurs plus fréquent et visible dans les médias visuels, où l’apparence prime parfois sur le contenu.

Pas plus tard qu’en 2015, les commentaires mesquins de l’ex-ministre Guy Julien et d’Yvon Picotte sur le poids de la journaliste Marie-Claude Julien.  Le tollé avait été tel que M. Julien, qui avait également fait une accolade malaisante à la journaliste, avait dû s’excuser publiquement.

En 2012, c’était la collègue Maude Montambault qui faisait les frais de propos injurieux.

Et que dire de cette présentatrice météo américaine qui, il y a quelques jours à peine, s’est vue contrainte d’enfiler un chandail en direct parce que des auditeurs jugeaient sa tenue trop osée pour la télévision? Ou du harcèlement que subissent les journalistes sportives dans un milieu typiquement masculin? (le pendant américain ici). De cette journaliste qui se serait fait tirer l’élastique de sa culotte?

Parfois, le sexisme à l’endroit des journalistes féminines se fait plus subtil, plus insidieux, comme le démontre le témoignage de cette reporter française. Un compliment mal placé ici, une remarque (pas si) flatteuse sur son physique plus tard, une invitation ou carrément de la drague assumée.

Je l’ai vécu. Des collègues l’ont vécu, partout dans le monde en fait.

Ils sont nombreux à croire à tort qu’une femme n’a pas le sérieux ou l’intelligence nécessaire pour mener des entrevues de fond, pour enquêter et pour raconter des histoires.

Il est grand temps que les choses changent. La compétence n’a rien à voir avec la cravate ou le bas de nylon, c’est dire…

Et souvenons-nous qu’un ou une journaliste qui dérange, c’est souvent bon signe!

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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