Et si c’était (encore un peu) la faute des médias?

Selon des chiffres dévoilés récemment, l’industrie de l’esthétique continue sa fulgurante croissance et ce, partout dans le monde. Le nombre de chirurgies, traitements et autres soins corporels ne cesse d’augmenter à chaque année, le tout pour tenter de se conformer aux standards de beauté, qui varient d’un lieu à l’autre sur la planète.

Et si c’était (encore un peu) la faute des médias?

Je vous entretenais récemment de la représentativité des différences qui coexistent dans la société à laquelle s’adressent les médias. Je mentionnais également qu’on pouvait aussi leur reprocher le fait qu’ils véhiculent souvent des images artificielles de la réalité.

Le principal revenu des médias, quand ce n’est pas le seul, est la publicité. Cela est particulièrement probant dans l’industrie du magazine, où la publicité y est si omniprésente qu’elle fait partie intégrante du contenu.  Je ne vous apprends rien en vous disant que pour vendre un produit, on doit le présenter (et tout ce qui l’entoure) comme quelque chose de beau, de parfait, d’indispensable. Dans cette même veine, les personnages mis en vedette dans des séries de fiction (particulièrement aux États-Unis, la tendance québécoise étant beaucoup plus terre-à-terre) sont souvent fabriqués dans le même moule. L’Éden à la portée de la main, le rêve accessible.

Bref, en nous présentant une version aussi idéaliste (et refaite) de la réalité, pas étonnant que nous nous dénigrons. Parce qu’ils encouragent le culte du corps et de la perfection, entraînant ainsi une dévalorisation collective de l’individu « au naturel », certains étant plus « naturels » que d’autres, les médias ne sont pas un miroir de ce que nous sommes, mais celui de nos attentes collectives. Ainsi, plutôt que remettre ces choix en question, nous nous remettons nous-mêmes en question.

La réflexion ne date pas d’hier. Si ce n’était des centaines d’images retouchées, plus-que-parfaites et surréelles dont nous sommes bombardés quotidiennement, manquerions-nous autant de confiance en nous? Chercherions-nous autant à changer, à leur ressembler?

Plusieurs initiatives partout dans le monde ont pour objectif de forcer les médias à mentionner qu’ils ont retouché les images, afin de ne pas donner un faux sentiment de la réalité. Au Québec, notons notamment l’existence, depuis 2010, de la Charte pour une image corporelle saine et diversifiée, qui encourage les médias à présenter des modèles de tous acabits. Pour s’y conformer, ou tout simplement pour plaire davantage à leurs auditoires, certains médias ont choisi de ne pas retoucher leurs photos; d’autres d’embaucher des mannequins de morphologies différentes et surtout… plus réalistes!

Depuis quelques années, les médias ont eux aussi pris conscience de la problématique, qui lie parfois intimement ce qu’ils présentent et les problématiques d’image corporelle recensées dans la population, majoritairement chez les femmes. On voit donc certaines publications recourir à des mannequins un peu moins filiformes, par exemple.

Ce sont là quelques pas dans la bonne direction. La faute des médias? Peut-être un peu, après tout.

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