Les 10 commandements du journalisme

Je sais, le titre est un peu pompeux.  Aussi, je ne suis  pas la première à dresser une telle liste des dix grands principes qui guident mon travail en tant que journaliste, mais rappelons-nous quelques notions de base. Libre à vous d’être en accord ou non…

10. Le sensationnalisme inutile, tu éviteras.
Un journaliste d’information ne donne pas dans les potins, même s’il y en a qui aiment ça. Le devoir du journaliste est de rapporter des faits, de témoigner d’une situation telle qu’elle est, sans l’enrober de détails superflus ou spectaculaires qui pourraient en accroître l’ampleur. S’il doit parler d’une rumeur, le journaliste doit l’identifier telle quelle. Le journaliste doit chercher à bien rendre les émotions dont il a été témoin, sans les exagérer ni les inventer. À l’inverse, le journaliste ne peut occulter des faits ou des émotions qui sont nécessaires à la compréhension d’un événement ou d’une situation.

9. Ton réseau de contacts, tu entretiendras.
Parce qu’on ne sait jamais quand un source peut nous être utile, quand un ancien collègue peut nous refiler un tuyau et qui sait, si un bon contact journalistique est promu, peut-être nous offrira-t-il de l’ouvrage…  Parfois les « amis » de nos « amis » deviennent les nôtres. Bref. Un journaliste ne connaît jamais trop de gens.

8. Tes sources, tu diversifieras.
Le rôle du journaliste est de faire écho à toutes les voix, celles qu’on entend souvent et celles qu’on n’entend jamais. La redondance nuit à la richesse et à la qualité de l’information. L’importance de diversifier ses sources prend donc tout son sens: quand tout le monde parle aux mêmes personnes, les nouvelles se ressemblent. Des sources alternatives apportent généralement un éclairage nouveau à une situation et permettent parfois d’aller plus en profondeur dans un sujet.

7. Au bon public cible, tu t’adresseras.
On ne peut s’adresser à tout le monde de la même manière, ni avec les mêmes mots. Si vous faites un reportage de vulgarisation sur la physique quantique adressé à des adolescents, il est probable que vous devrez adapter le vocabulaire en fonction de ce public. Idem si vous présentez un reportage sur le même sujet à un groupe archi spécialisé en la matière.

6. Tes sources anonymes, tu protégeras.
Un des grands principes déontologiques en journalisme est qu’il faut toujours identifier nos sources, question de nous protéger si ceux-ci font une déclaration disons, explosive. Or, certains témoignages primordiaux à l’avancement d’un reportage et dont on ne peut obtenir l’information autrement, ne peuvent être reçus qu’en assurant l’anonymat d’une source, si celle-ci peut perdre son emploi ou subir d’importantes représailles. En retour du privilège obtenu, c’est-à-dire le témoignage clé de la source, le journaliste doit préserver l’anonymat de celle-ci. Le cas maChouette est un excellent exemple.

5. La Vérité, tu rechercheras.
N’oublions pas qu’une information présentée de manière à la rendre plus sensationnelle, plus juteuse qu’elle ne l’est en vérité est une forme de malhonnêteté intellectuelle. retour sur le 10e commandement à ce sujet.

4. Tes informations, tu vérifieras.
Ne l’ai-je pas suffisamment répété sur ce blogue? Il est du devoir du journaliste de s’assurer de la véracité des faits qu’il rapporte. Il n’est pas la simple courroie de transmission de sources et il ne doit pas être manipulable, tant par celle-ci que par ses patrons.

3. Ton indépendance, tu conserveras.
Qui découle (en partie) du #4. Élément essentiel de la crédibilité d’un journaliste, son indépendance par rapport à ses sources lui permet de traiter des sujets avec détachement, neutralité et objectivité. Il est impératif d’éviter tout conflit d’intérêt, pour conserver son intégrité. Voir le 2e commandement.

2. Ton intégrité, tu défendras.
Comme j’ai mentionné à maintes reprises sur ce blogue et découlant des 3e et 4e commandements, la neutralité apparente et l’intégrité du journaliste sont garants de sa crédibilité comme travailleur de l’information et constituent donc sa carte de visite. Il arrive que le travail du journaliste soit remis en question, d’où l’importance de pouvoir justifier ce qu’il avance dans son reportage.

1. Informé(e), constamment tu te tiendras.
C’est la base du journalisme. L’information et l’actualité sont la matière première du journaliste, dont le travail est de tisser des liens entre les différents éléments qui composent un même dossier. De toute manière, cette connaissance générale s’acquiert en travaillant.

Après rédaction, une petite recherche sur le Web m’a permis de trouver d’autres commandements du journalisme, que je liste ici. À vous d’être en accord ou non, encore une fois.

Les 10 commandements du journalisme de Storify: Probablement le palmarès auquel j’adhère le plus, dans une certaine mesure, parmi tous ceux que j’ai recensés.
Sous forme d’exercice de grammaire, les 10 grands principes éthiques dans le respect de l’information. Intéressant aussi.
Les 10 commandements du journalisme d’Alan Rusbridger : Fort intéressant. À consulter.
Les 10 commandements de Théo Haberbusch à un jeune journaliste: la base, sans plus.
Les 10 commandements du journalisme selon Alexandre Motulsky-Falardeau: Plus le triste constat de la réalité des journalistes d’aujourd’hui que les grands principes à la base de notre fabuleux métier. À lire avec une pointe de sarcasme, c’est délicieux.
Tant qu’à donner dans l’humour, je vous invite à vous délecter de cette perle du Guardian: Do YOU work these rules of journalism?

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2 réflexions sur “Les 10 commandements du journalisme

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