Votre appel est important pour nous

Le procès du journaliste Carl Langelier s’est ouvert cette semaine. Selon les accusations auxquelles il fait face, le journaliste se serait fait passer pour un policier dans le but d’obtenir des informations sur la jeune fille qu’on présume l’auteure d’actes d’intimidations sur la jeune Marjorie Raymond.

J’ai déjà traité brièvement du sujet dans un autre billet, et du fait qu’un journaliste doit s’identifier comme tel s’il veut utiliser les informations qu’il collecte dans son reportage.

Ceci étant dit, un autre aspect de l’affaire m’interpelle aujourd’hui, soit la diffusion d’extraits de l’entretien téléphonique au cours d’une émission de radio. Pourquoi? La réponse ici:

L’avocat de la Couronne, Me Maltais, a réussi à faire avouer à Carl Langelier qu’il n’avait pas spécifiquement demandé à Mme Isabel s’il pouvait l’enregistrer. En fait, une bonne partie du contre-interrogatoire de Me Maltais tentait de remettre en question l’éthique des pratiques journalistiques de l’ex-animateur radio.

À moins que je ne me trompe, légalement, n’importe quelle conversation peut être enregistrée si l’un des interlocuteurs y consent.

Pour les journalistes, cela peut être bien pratique dans le cas d’entrevues, parce que cela lui permet de se concentrer sur la conversation en prenant moins de notes. De plus, l’enregistrement permet ensuite de limiter les erreurs factuelles, de retrouver des éléments intéressants et aussi, d’éviter que notre source revienne en se plaignant qu’elle a été mal citée. L’enregistrement constitue donc, tant pour le journaliste que pour son interlocuteur, une certaine sécurité quant aux propos qui ont été échangés.

C’est une toute autre chose de le diffuser, cependant.

Pour diffuser les propos recueillis, il faut l’accord de la personne, ou à tout le moins s’assurer que cette personne est consciente que ses propos puisse être retransmis. Autrement, c’est faire preuve d’un peu de mauvaise foi.

Le journaliste doit, presque en tout temps, faire preuve de transparence quant à ses intentions. L’obtention légale et honnête des informations qu’il utilise dans ses reportages sont garants de sa crédibilité et de son professionnalisme.

Personne ne voudrait faire affaire avec un journaliste réputé pour ses techniques douteuses.

Le code de déontologie du Conseil de presse du Québec est très clair sur le sujet:

La fausse représentation et l’abus de confiance

Les journalistes doivent également s’interdire de recourir aux techniques qui relèvent de l’abus de confiance (par exemple enregistrer une conversation à l’insu d’une personne ou ne pas informer un interlocuteur que ses propos sont diffusés en ondes) ou qui s’apparentent à la violation ou à l’invasion de la propriété et de la vie privée. C’est là une question de probité et d’intégrité professionnelles et personnelles.

En France, le cas de Mme Bettencourt suscite aussi la controverse, après que des extraits de conversation privée aient été diffusés.

Dans le cas de M. Langelier, le juge nous dira si le journaliste a respecté les règles de l’art.

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Une réflexion sur “Votre appel est important pour nous

  1. MARTEL Robert dit :

    Langelier n’est même plus dans le décor journalistique… domaine qu’il n’aurait jamais dû toucher avec l’âme égocentrique et narcissique qui l’enveloppait depuis ses débuts à TVA. Il a joué la starlette en quittant la télé pour la radio mais son avenir dans la profession est maintenant aussi hypothéqué que la victoire finale de Pittsburg contre Boston…

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