En direct du congrès : les secrets de l’entrevue avec Paul Arcand

Et voilà, c’est parti pour le Congrès de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, qui se déroule jusqu’à dimanche au Manoir Saint-Sauveur.

Cet après-midi, j’ai assisté à l’atelier « Les secrets de l’entrevue », animé par nul autre que Paul Arcand, reconnu pour ses entrevues coriaces et son franc parler.  À travers de nombreuses anecdotes, parfois étonnantes, parfois choquantes et parfois très drôles, l’animateur de Puisqu’il faut se lever a révélé la clé d’une entrevue réussie.

Voici un bref résumé de la formation, fort intéressante.

D’abord, l’attitude de celui qui réalise l’entrevue est déterminante.La manière d’aborder le sujet, puis son interlocuteur, peut avoir une grande influence sur l’attitude de ce dernier.

« On ne joue pas un rôle », explique ensuite celui qui porte les chapeaux  d’animateur, de journaliste et de réalisateur. Il faut d’abord être soi-même et rester naturel, même s’il faut se détacher du sujet pour pouvoir le traiter en toute impartialité.

Par ailleurs, il est important de bien se préparer. Pour ce faire, il faut bien maîtriser le sujet qui sera abordé en entrevue, ou du moins l’angle du sujet qu’on souhaite traiter.

En ce sens, il ne faut pas non plus sous-estimer le public, allègue M. Arcand, puisqu’en écoutant l’entrevue, il démontre déjà un certain intérêt pour le sujet.

Vient ensuite le choix de l’invité. Selon Paul Arcand, le type d’entrevue et le degré de difficulté des questions doivent être adaptés selon la personnalité qui y répondra. Il catégorise les interlocuteurs en quatre catégories: les décideurs, les acteurs d’événements, les commentateurs/experts, et ceux qui ont vécu un drame humain.

Si l’attitude de l’intervieweur est importante pour le bon déroulement de l’entrevue, celle de l’interviewé l’est tout autant, ajoute l’animateur. Certains interlocuteurs pourraient tenter d’intimider le journaliste, ou essayer de faire dévier l’entrevue, notamment avec la fameuse « cassette ».

C’est pourquoi il faut savoir reconnaître les motivations de l’invité. Pourquoi accepte-t-il d’accorder une entrevue et qu’en retire-t-il? La réponse à ces questions permet de bien se préparer et d’éviter de tomber dans les pièges que la source pourrait nous tendre pour éviter d’avoir à répondre à certains points qui seront abordés.

En outre, la première question de l’entrevue est celle qui donne le ton au reste de l’entretien. Paul Arcand recommence d’entrer immédiatement dans le vif du sujet et d’éviter les digressions inutiles.

Paul Arcand ne prépare généralement pas de liste de questions quand il s’adresse à ses invités. Il préfère écouter les réponses, qui ouvrent souvent la porte à des questions de relance.

Il n’hésite pas à poser la même question à plusieurs reprises si l’interlocuteur tente de faire dévier la conversation sur un autre sujet. « Les gens ont tendance à croire que si le journaliste répète trois fois la même question, c’est qu’il n’a pas eu la réponse qu’il voulait entendre. Mais dans les faits, c’est qu’on ne répond pas vraiment à la question », explique l’animateur.

Bref, il n’y a pas de secret pour réussir une bonne entrevue, allègue Paul Arcand.

Plus de billets sur le congrès à venir au cours des prochains jours.

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