Dix souhaits pour une élection

L’Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) a fait connaître hier sa liste de demandes dans le cadre de la présente campagne électorale.

La liste comprend une dizaine de points regroupés en six catégories. Des idées très intéressantes, pas toujours nouvelles, mais qui méritent qu’on s’y attarde. Ma plus grande crainte est de voir certaines demandes tomber dans l’oubli, encore une fois.

En tête de liste, l’AJIQ réclame la protection de la liberté de presse et de la liberté d’expression, en plus de garantir un meilleur accès à l’information.

Le débat est dans l’air du temps, du moins du côté de Québec, alors que le débat sur le projet de loi 59, qui encadre la liberté d’expression notamment le discours haineux, et la refonte de la Loi d’accès à l’information, qui fait l’objet d’audiences publiques par les temps qui court, et auxquelles la FPJQ a pris part.

Les conditions de travail et la sécurité d’emploi des pigistes sont aussi au cœur des revendications de l’organisme, qui espère que des modifications au Code du travail et à la Loi sur le droit d’auteur permettent à ces travailleurs de l’information indépendants de souffler un peu et de bien vivre de leur art.

L’AJIQ plaide également pour que cesse la saignée de Radio-Canada/CBC et pour un encadrement des fonds destinés aux médias communautaires par les câblodistributeurs. La surveillance de la concentration de la presse fait aussi partie de ses préoccupations.

Le dernier point est celui qui apporte, à mon avis, le plus de nouveauté et la réflexion la plus intéressante. Il est présentement au cœur de plusieurs réflexions entamées par divers organismes et acteurs gravitant dans l’univers du journalisme:

Élaborer un modèle de fonds de soutien au journalisme indépendant destiné en priorité au financement des nouveaux médias et des éditeurs indépendants, afin de favoriser la diversification des formes et des supports journalistiques, ainsi que d’encourager l’innovation notamment sur le plan des modèles éditoriaux, technologiques et financiers.

Le financement des médias est, depuis belle lurette, le nerf de la guerre des médias d’informations qui tentent de survivre face à des recettes constamment en chute libre.

Un fonds pour financer les médias, indépendants ou non, a souvent été évoqué. Cela dit, le soutien financier amène, par définition, une certaine forme de dépendance. Comment financer les médias en garantissant leur indépendance? Faudrait-il refuser certaines sources de financement? Mais surtout: QUI voudra payer?

La question est intéressante, particulièrement parce que de moins en moins de gens paient pour accéder à des contenus. La vapeur pourra-t-elle être renversée?

L’exercice est une belle manière de jauger nos politiciens. Certes, ceux-ci ne sont pas contre la vertu. Mais quand on sait que la campagne fédérale actuelle se déroule principalement derrière des portes closes, il est difficile de concevoir comment des promesses se mueront en engagements, voire en actions concrètes.

Pour y parvenir, il faut entre autres briser ce qui semble être la mauvaise habitude d’être en faveur du libre accès à l’information, mais seulement à l’information qui ne nous nuit pas.

C’est tout ou rien.

AJOUT: Dans la foulée des élections, la FPJQ, avec une quinzaine d’autres organismes, a également signé une lettre réclamant une refonte du système d’accès à l’information. On peut en savoir plus ici.

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