Cette fin de semaine, j’ai eu le grand plaisir de lire le plus récent essai de Mickaël Bergeron, Tombée médiatique – se réapproprier l’information, qui paraîtra le 27 octobre prochain aux Éditions Somme Toute.

À prime abord, l’ouvrage de 232 pages, divisé en quatre volets principaux, est une bonne entrée en matière pour ceux qui ne sont pas ou peu familiers avec la réalité des médias d’aujourd’hui.

Sans réinventer la roue, Bergeron aborde en première partie le sujet du modèle économique des médias, qui cherchent depuis nombre d’années à se réinventer pour assurer leur survie. Ceux qui évoluent dans l’industrie n’apprendront pas grand chose, mais il est important de souligner ici que l’auteur va plus loin en critiquant certains choix de la part d’entreprises médiatiques, le tout au nom de la rentabilité qui semble de plus en plus inatteignable. Il n’hésite pas non plus à dénoncer les conditions de travail de plus en plus précaires des journalistes à la pige, qui démontre un rapport de force plus inégal que jamais entre ceux-ci et les patrons qui bénéficient des fruits de leur travail.

C’est d’ailleurs là que Tombée médiatique – se réapproprier l’information tire toute sa force. Mickaël Bergeron pose un regard critique sur la profession qu’il a exercée depuis près de vingt ans: il ne met ni gants blancs ni lunettes roses pour y décrire les nombreuses failles du quatrième pouvoir, donnant parfois des munitions aux critiques les plus acerbes des médias, forçant autrement les acteurs de l’industrie à regarder dans un miroir qui n’a rien de complaisant. À l’aide d’exemples, l’auteur force une introspection sur la manière dont vit et se vit le journalisme au Québec.

Les volets traitant de la responsabilité sociale des médias, où personne n’est épargné, de même que sur la représentativité de la diversité dans les salles de presse, constituent à mon avis le point fort du volume, car ces thématiques ont été peu ou rarement traitées, surtout avec un regard intérieur, au cours des dernières années.

Même s’ils s’emploient à la combattre, les médias sont-ils partiellement responsables de l’épidémie de désinformation qui déchire la population actuellement? Représenter les deux côtés d’une médaille par souci d’équité est-il nécessairement éthique? Le choix des mots et des sujets mis de l’avant dans les médias ne sont pas sans conséquence, rappelle Bergeron, qui ne s’étonne pas du peu de visibilité laissé aux enjeux ethniques ou autochtones étant donné la grande homogénéité des journalistes dans les salles de nouvelles. Difficile d’aborder des enjeux dont on ignore l’existence ou dont on ne saisit pas l’importance si on n’est pas concerné d’emblée, relève l’auteur.

De quoi faire réfléchir quand même, compte tenu que les médias se targuent de vouloir bien représenter les préoccupations de la population. Est-ce le cas si en leur sein, ils ne la représentent pas elle-même?

En dernière partie, Mickaël Bergeron aborde plusieurs solutions, mises en place ou souhaitées, pour corriger le tir et soutenir les médias tout en leur permettant de se concentrer – enfin dirons-nous- entièrement sur leur mission.

Car même s’il se montre sévère à l’endroit de ceux-ci, l’auteur demeure un grand amoureux de l’information et il souhaite que celle-ci perdure. Cet amour pour une information de qualité est d’ailleurs perceptible dans plusieurs passages de l’essai.

C’est ce qui a poussé Bergeron à écrire Tombée médiatique, et c’est ce qui devrait nous pousser à le lire.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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