Libérer la liberté de presse!

Le point de départ de ce nouveau billet est cette intéressante réflexion publiée sur ProjetJ. Déjà, la première phrase du texte ouvre la voie à un débat :

La liberté de la presse doit être redéfinie afin de favoriser l’accès à des informations variées et dignes de confiance.

Mais d’abord, qu’est-ce que la liberté de presse?

À mon sens, la liberté de presse se veut le droit des médias de traiter l’information sans contrainte extérieure, donc de leurs sources, des acteurs influents et de tout autre groupe qui pourrait faire pression pour empêcher ou modifier ce traitement; sans contrainte interne également, si l’on fait référence aux intérêts publicitaires du média et qui lui permet d’exister la plupart du temps.

Malheureusement, ce deuxième volet de la liberté est plus difficile à transposer dans la réalité.

Selon Petley, la presse, bien qu’elle s’insurge contre toute régulation étatique, se retrouve néanmoins soumise à celle du marché économique et de sa censure. L’auteur remet ainsi en question cette conception de la liberté de la presse, souvent défendue par les entreprises et leurs représentants.

Parce que la publicité finance majoritairement les médias, il peut être délicat de mettre un annonceur dans l’embarras, d’où l’importance de séparer de façon bien distincte les ventes et la salle de nouvelles. Cela signifie aussi que certains thèmes seront mis de côté au profit d’autres « plus payants ».

Aussi, la liberté de presse ne signifie pas la liberté absolue d’expression que prônent certains artisans de l’information. Même si Petley «soutient que la liberté de  la presse devrait être intrinsèquement liée à la protection de la liberté d’expression, garantissant le droit du public à une information variée et crédible », les journalistes sont soumis à la loi comme tout citoyen d’une société donnée. La tribune médiatique dont ils bénéficient ne leur donne absolument pas le droit de diffuser n’importe quoi. La déontologie encadre les pratiques, bien qu’elle ne mette personne à l’abri de certains écarts…

La liberté de presse doit alors être redéfinie pour s’affranchir davantage des contraintes qui empêchent les médias de réaliser pleinement leur mission informative, mais encore faut-il qu’ils en aient les moyens. Il est utopique d’espérer qu’un jour, l’information sera facilement accessible et relayable sans craindre des répercussions juridiques ou économiques; cependant, en sachant qu’elle sert utilement la démocratie et la société, elle devrait être encouragée et protégée.

Parce qu’ils ne sont pas soumis aux contraintes de la ligne éditoriale ou publicitaires des médias, le journalisme citoyen et les journalistes indépendants sont-ils la voie de l’avenir en ce qui concerne cette liberté de presse?

Puisque Gratton et Bernier résument probablement mieux que moi mon idée du journalisme comme service public, je leur laisse le mot de la fin:

La liberté de la presse doit être vue comme un instrument favorisant le bien commun. C’est pour cela qu’elle ne devrait pas permettre à la presse de négliger la diversité de l’information et les débats de sociétés afin que le public puisse former sa propre opinion.

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