Depuis le début de la semaine, j’ai mal à ma liberté de presse.

J’ai l’impression d’être dans un mauvais film d’espionnage ou dans un roman policier invraisemblable. J’ai du mal à croire les révélations à propos de la Sûreté du Québec et du SPVM, les deux corps policiers les plus importants au Québec.

La nouvelle a fait le tour du monde.

Comment peut-on imaginer que la police ait pu obtenir secrètement les contacts téléphoniques d’au moins sept journalistes, si ce n’est pas plus, ici au Québec, au Canada? Le « plusse meilleur pays au monde », 18e pays au classement mondial de la liberté de presse de Reporters sans frontières?

Je ne fais pas partie des journalistes ciblés. Mais comme les autres représentants de cette drôle d’espèce que sont les journalistes, je suis solidaire. Ça aurait pu être moi.

J’ai mal à ma liberté de presse.

J’ai mal parce que je croyais que nous étions privilégiés de vivre quelque part où personne n’a besoin de mourir au nom de cette liberté de presse. Au contraire, peut-être l’a-t-on justement prise pour acquise.

Mais elle ne le sera jamais, c’est pourquoi il faut sans cesse se battre pour la protéger.

Ce n’est pas que l’affaire de journalistes gâtés et geignards. Comme plusieurs l’ont mentionné, le perdant dans toute cette histoire, c’est la société entière. À qui profitera la culture du secret, à qui profitera l’acte de cacher ce qui ne tourne pas rond sous le tapis? Poser ces questions, c’est y répondre.

Le point positif de toute cette affaire, c’est que les médias ont mis la concurrence de côté et se sont unis pour dénoncer la pratique. Tous ne font qu’un pour défendre le principe de base sur lequel s’appuie une profession entière, essentielle à toute saine démocratie.

L’autre consolation, c’est l’indignation que celle-ci a suscité, tant du côté de la classe politique que du public. Souvent, les questions traitant des médias sombrent dans l’indifférence. Pour une rare fois, les réactions sont unanimes.

Espérons seulement que cette indignation ne soit pas que temporaire et qu’elle finisse par se traduire, plus tôt que tard, par des actions concrètes.

Ensemble, protégeons notre liberté de presse.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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