Le profit vs. la raison d’être

Le grand patron de TC Transcontinental ne se doutait pas qu’une simple déclaration au milieu d’une longue allocution allait susciter un tel tollé.

Plus tôt cette semaine, François Olivier affirmait que « bien que son secteur des médias joue un rôle « important » dans la société, (…) il n’est pas « essentiel » à sa stratégie. »

Une déclaration reprise par Julien Arsenault de La Presse canadienne, ici.

Certes, il n’a pas été question pour TC de se défaire de ses titres médiatiques – l’entreprise a d’ailleurs récemment acquis les publications économiques du groupe Rogers-, mais plutôt que comme ceux-ci représentaient une très faible part des revenus de l’entreprise, qu’ils n’étaient plus indispensables à son succès économique.

Et pour preuve, rapporte Arsenault:

Au cours de la dernière année, l’entreprise a licencié plus de 100 personnes, notamment au Québec, en fermant des journaux en Saskatchewan et dans les Maritimes ainsi qu’en éliminant des postes de représentants publicitaires. De plus, son journal spécialisé Les Affaires passera de 42 à 28 numéros par année. Au cours de l’exercice 2016, le déclin des recettes s’est poursuivi dans le secteur médiatique de Transcontinental. Elles ont fléchi de 17,1 %, ou 64,3 millions, pour s’établir à 312,3 millions.

Entre vous et moi: si j’étais journaliste pour TC, je serais perplexe. Certains ont carrément interprété ces propos comme une invitation à regarder ailleurs…

Quel message cette déclaration envoie-t-elle aux employés?

Que c’est la rentabilité qui compte, peu importe la vocation. Que l’intérêt public que sont sensés servir les médias n’a que peu d’importance dans l’univers capitaliste dans lequel ils évoluent. Au diable le droit du public à l’information si nous ne pouvons pas nous enrichir grâce à lui.

Ce n’est certainement pas ce que voulait dire M. Olivier lorsqu’il a pris la parole, j’en conviens. Mais comme bon nombre de patrons de presse, il est d’abord un gestionnaire: plus que les textes, ce sont les chiffres qui suscitent son intérêt.

Ce qui est aussi ironique, c’est que TC Média, avec d’autres partenaires tels que Groupe Capitales Médias et Le Devoir, pour ne nommer que ceux-là, font des représentations auprès de Québec dans l’espoir d’obtenir une aide financière sur cinq ans pour les aider à assurer une transition vers le numérique.

En affirmant que ses médias d’information ne sont pas « essentiels » à l’avenir de son entreprise, M. Olivier s’est-il tiré dans le pied? Poser la question, c’est y répondre.

Voilà donc une énième démonstration du problème fondamental des entreprises de presse: le profit vs. la raison d’être. Comment espérer poursuivre la mission quand celle-ci est constamment compromise par les résultats financiers? Quand l’épée de Damoclès de la rentabilité motive ses orientations?

On le sait: l’information n’est pas sexy. Le divertissement l’est. Certains médias parviennent à jongler avec ces deux types de contenus, la rentabilité de l’un compensant pour le coût de l’autre.

Mais de grâce, n’attendons pas que l’information soit en voie d’extinction avant de se souvenir de son utilité…

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Une réflexion sur “Le profit vs. la raison d’être

  1. benbenur dit :

    Un jour j’ai demandé l’aide dun média pour dénoncé des et une situation d’on je dois faire face depuis m’on ou mais accident,
    Le journaliste ma répondu très poliment et je tien a le dire c’etais très poli il ma dit pense-tu qu’on va cracher sur la main qui nous nourri !
    Sur le coup j’ai resté bête, mais je lui est dit vous médias avec l’arrivé du net vous en n’avez plus pour longtemps, je lui et dit cela pour la simple et bonne raison que vous médias avez protéger des personnes des gouvernement en ne vous impliquant pas dans des dossiers chaud qui pouvait mettre en péril votre employeur ou votre job ou le gouvernement,
    Aujourd’hui qui vous protége qui assure vos emploi?
    Je trouve cela déplorable car beaucoup d’entre vous faite du bon travail facile a voir celui qui le fait par passion et celui qui recherche que le sentionaliste,
    Et le patronat de dans ça ha ha ha, lui tout ce qu’il veut c’est de la rentabilité et aujourd’hui bien des investisseurs ne voix plus que des signes de $$$ et les patron doit leur rendre satisfactions, même si cela mais en péril les emploi de BON journaliste il ne ce souvienne plus des risques pri pour les bonnes article ou du temps et du sacrifice (familiale) ou d’une vie dévouée a votre carrière.
    Tout ce qui compte pour eux c’est de ne pas perdre la face et surtout $$$.
    Le reste ?

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