Télévision sociale: une guerre contre le différé

Infopresse dresse ici un petit palmarès de la télévision sociale au Québec la semaine dernière. Si le phénomène est relativement nouveau, la télévision sociale, qui consiste à échanger sur les réseaux sociaux durant la diffusion d’une émission, est néanmoins bien ancrée dans les habitudes télévisuelles québécoise et représente une valeur ajoutée tant pour le consommateur de contenus que pour le média.

Les émissions les plus susceptibles d’être discutées au cours de leur visionnement sont les talk shows, les émissions de téléréalité et finalement, les téléromans, des contenus à forte valeur émotive. Les débats politiques télévisés sont eux aussi des plages de choix pour s’adonner à cette tendance. La télévision sociale permet un échange entre producteurs et consommateurs de contenus, mais aussi de mousser des débats d’idées et la visibilité des émissions. Je cite ici Lauren Provost:

Mais écouter les gazouillis est également un moyen d’engager le téléspectateur, de créer une communauté qui s’implique dans le programme et ne ratera pour rien au monde l’émission qu’il commente assidûment chaque semaine avec son réseau.

L’émotion est l’antithèse de la rationalité, c’est pourquoi la télévision sociale est une manière intéressante de gagner des téléspectateurs de semaine en semaine. Du point de vue de l’économie des médias, cette tactique a d’ailleurs pour but d’inciter les téléspectateurs à revenir à l’écoute en directe et à délaisser l’écoute en différé, beaucoup moins payante d’un point de vue publicitaire. En effet, rappelons-nous qu’un média offre des contenus à des auditoires, qui eux sont venus à des annonceurs…

Même si les possibilités d’annoncer sont désormais possibles en écoute différée, je pense notamment aux publicités qu’on ne peut sauter quand on regarde une émission sur tou.tv, il est un des avantages pour l’auditeur de pouvoir les outrepasser lorsqu’il regarde l’émission et ce, au moment qui lui convient le mieux. Saturer de publicité une émission différée de la même manière que la diffusion directe équivaudrait à torpiller cette nouvelle initiative. De toute façon, l’écoute en différé ne représente qu’une faible proportion de l’écoute globale, la grande majorité des auditoires n’échappant pas aux annonceurs.

Enfin, la télévision sociale est également un bon outil de mesure pour connaître les préférences du public quant aux contenus et à la programmation. Elle permet de prendre le pouls des publics cibles et de lui proposer une offre en fonction de ses besoins et de ses goûts. Cependant, il n’existe pas encore de corrélation irréfutable entre la télévision sociale et les cotes d’écoute. D’ailleurs, ce ne sont pas nécessairement les émissions qui génèrent le plus d’auditoire qui suscitent le plus grand nombre de commentaires.

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