On apprenait cette semaine que le gouvernement fédéral avait investi plus de 20 millions de dollars sur une période de un an et demi pour savoir ce qui se disait à son sujet dans les médias.

C’est d’autant plus paradoxal que le premier ministre Stephen Harper est plutôt réticent à s’adresser aux journalistes et à limité à cinq le nombre total de questions qu’il peut recevoir quotidiennement des médias; évidemment, cela n’a pu que lui donner mauvaise presse.

S’il contrôle à ce point les informations qu’il laisse circuler dans les médias, pourquoi le gouvernement conservateur tient-il à ce point à savoir ce qui se dit sur lui, pour investir une somme aussi faramineuse en si peu de temps?

Dans les faits, après avoir communiqué l’information aux journalistes, les sources ne devraient, en théorie, avoir aucun droit de regard sur le traitement qu’en font les médias. Mais au-delà de la communication proprement dite, l’absence de contrôle sur la suite du processus peut être une source d’anxiété pour la source, qui ne sait pas de quelle manière ladite information sortira.

Ceci étant dit, un journaliste professionnel qui respecte une éthique et une déontologie rigoureuses n’utilisera jamais cette information hors de son contexte ou contre la source dans un but mal intentionné. Je reviendrai sur le sujet dans un éventuel billet. En voulant épargner son image publique en contrôlant l’information qui est diffusée, M. Harper a plutôt provoqué l’effet contraire et a été accusé de manquer de transparence, ce qui est généralement perçu par le public comme une tentative de cacher des choses qu’on pourrait lui reprocher.

En surveillant ainsi ce qu’il se dit sur son gouvernement, peut-être cherche-t-il à anticiper l’opinion publique qui se dégagera du contenu diffusé par les médias pour planifier ses prochaines stratégies de communication.

La surveillance des médias à son sujet ou sur son secteur d’activité, qu’on appelle aussi veille médiatique, a cependant un avantage qui sert à la fois les sources et les médias, c’est-à-dire qu’elle permet de déceler rapidement de potentielles erreurs factuelles et de les corriger pour informer adéquatement le public.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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