Les journalistes ne sont pas des courroies de transmission!

Quand on est journaliste, on a souvent l’odieux de devoir trouver des assignations. Outre les conférences de presse, événements ponctuels et autres convocations officielles, il faut souvent dénicher nos propres sujets à couvrir, en espérant mettre le doigt sur LA nouvelle.

Heureusement, avec le temps, notre lectorat nous soumet lui-même des pistes. C’est à ce moment-là que notre travail de discernement commence.

Comme le veut la croyance populaire que les journalistes ne sont pas objectifs, qu’ils ont un parti pris, le public croit généralement que le journaliste n’est qu’une courroie de transmission qui retranscrit mot pour mot ce qu’on lui dit, sans outre vérification.

Mais non!

Évidemment, le journaliste reprendra les propos (mot pour mot, ou dans des termes similaires qui ont la même signification, particulièrement pour les citations) de ses sources, afin de rapporter son point de vue comme il l’a exprimé. Idéalement, le registre de langue devra aussi coller au personnage, c’est-à-dire que quelqu’un qui s’exprime familièrement ne sera pas cité dans des termes beaucoup trop soutenus, qu’il n’a pas utilisé et auxquels il n’aurait pas recours ordinairement.

Or, après l’entrevue, il y a tout un travail de recherche, de filtrage, de précision et surtout, de réécriture, qui reste à faire, du moins par un bon journaliste. La nouvelle brute ne peut pas toujours être diffusée telle quelle, sauf si rien ne peut la bonifier au moment de sa publication.

Il est du devoir du journaliste d’épurer la nouvelle de ce qui est superflu à la compréhension de celle-ci. Croyez-moi, si les journalistes n’étaient que la courroie de transmission de ses sources, ses reportages seraient souvent beaucoup plus lourds, sinueux et… biaisés.

Car en effet, n’oublions pas que quiconque soumet un sujet de reportage à un journaliste y gagne quelque chose, que ce soit un relationniste qui cherche à mousser un événement ou son client, ou une personne en litige qui veut avoir gain de cause. Il est évident que ceux-ci préféreraient que le journaliste s’en tienne à ce qu’on lui a dit en premier lieu, sans censure et sans mais c’est grâce à son indépendance, qu’il doit aussi jalousement protéger, qu’il est tenu d’aller un peu plus loin. Dans tous les cas, le journaliste se doit donc de montrer le revers de la médaille, ou du moins tenter de le faire. Il arrive qu’il ne puisse pas obtenir l’autre version de son histoire, que ce soit par refus de la source concernée ou par manque de temps, et le cas échéant, il doit en avertir son public.

Le reporter, lui, ne gagne absolument rien à rapporter une nouvelle dont il n’a pas toutes les facettes, car son objectif est, théoriquement, de rapporter une situation telle qu’elle est. En omettant une des deux versions, ou en ne faisant pas les démarches nécessaires pour l’obtenir à tout le moins, il occulte volontairement la perception que le public se fera d’un événement, ce qui est contraire à l’éthique qui guide son travail.

S’il respecte ces principes rigoureux que sont la qualité et l’exactitude de l’information, il n’a pas à rendre de comptes à personne.

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