Un poteau, c’est aussi un média!

Des poursuites en diffamation pourraient être intentées contre des résidents de Québec ayant affiché il y a deux semaines et sur plusieurs poteaux des indices relatifs à l’identité d’un présumé pédophile demeurant dans le quartier.

Puisqu’on sait que ni le nom complet ni l’adresse exacte de la personne ciblée ne sont mentionnés sur l’affiche, s’agit-il vraiment de diffamation? La menace de poursuite est-elle exagérée?

Ceci étant dit, plusieurs règles encadrent la notion de diffamation, que la jurisprudence. Selon le site laloi.ca:

Pour éviter qu’il y ait diffamation il faut obligatoirement que l’information diffusé soit exacte et que cette dernière le soit pour un motif valable.

Pour être accusé de diffamation, il faut donc savoir que l’information diffusée est fausse et nuira à la réputation de l’individu ciblé par ladite diffamation. Dans le cas qui nous intéresse, même si les affiches ont depuis été retirées, le mal est fait.

Même si l’individu visé par cette campagne de diffamation aurait effectivement commis l’odieux dont on l’accuse, il s’agit de diffamation. Pourquoi? Il n’a pas encore été jugé pour le crime qu’on lui reproche; la présomption d’innocence que prévoit notre système judiciaire est donc entachée par cet affichage.

De fait, les fameux poteaux de téléphones sont des médias dans cette affaire, puisqu’ils ont servi à diffuser une information, pour qu’elle soit vue du plus grand nombre possible, aussi calomnieuse soit-elle.

Ce cas illustre donc le fait que n’importe qui, pas seulement les journalistes, peuvent être accusés de diffamation, et que cela n’est pas nécessairement diffusé dans les médias traditionnels. La chose aurait été écrite sur des avions de papier lancés dans un événement à grand déploiement que ça aurait été la même chose. Prudence!

Une réponse à « Un poteau, c’est aussi un média! »

  1. Avatar de Abribus numérique: chapeau! | Marie-Ève Martel

    […] n’y a pas si longtemps, j’affirmais ici qu’un poteau de téléphone peut être un média, dans certaines […]

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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