L’avenir du journalisme, entre l’ombre et la lumière

Récemment, j’avais une discussion avec des collègues sur le futur de notre merveilleuse profession. Avenir plutôt sombre ou lumineux?

Nous étions divisés. En effet, nous avons souvent l’impression de défendre un métier en voie de disparition, une réflexion qui ne date pas d’hier et qui préoccupe les journalistes et ses observateurs depuis plusieurs années.

Coupures de postes, des départs à la retraite non remplacés, la fin des permanences au profit de postes surnuméraires, voilà plusieurs facteurs qui font craindre pour la pérennité de notre profession.

Et c’est un constat encore plus alarmant pour les journalistes indépendants, qui peinent à gagner leur vie décemment et à négocier des conditions de travail convenables avec leurs clients, alors que l’avenir semble théoriquement se trouver dans la pige. Le sujet fut abordé lors des États généraux du journalisme indépendant, la semaine dernière. Un compte rendu très pertinent du Conseil de Presse, dressant un portrait un peu morose de la situation, à lire ici.

Oui, les emplois sont plus précaires. La pige semble (presque) la seule avenue probable dans quelques années, puisque les médias traditionnels, aux prises avec des budgets de plus en plus contraignants, y vont de coupure en coupure. Ces conditions de travail étant difficiles, il y a fort à parier que nombreux seront les journalistes qui réorienteront leur carrière. D’autres persisteront, souhaitons-le.

Faudrait-il, alors, contingenter les entrées dans les programmes universitaires de journalisme afin d’ajuster le nombre de candidats à la diminution des emplois disponibles? Pas nécessairement, d’autant plus que nombreux sont les journalistes qui détiennent un diplôme dans un autre domaine et qui entrent parfois dans une salle de presse par hasard… pour ne plus en sortir!

Et pourtant, les journalistes sont convaincus plus que jamais de leur pertinence. Celle-ci a simplement évolué à la vitesse grand V depuis quelques années.

La gratuité des contenus et les nouvelles technologies ont-elles provoqué le début de la fin pour notre beau métier? Absolument pas. Elles sont plutôt devenues des tremplins pour les journalistes, qui y ont trouvé de nouvelles plateformes de diffusion de l’information et des sources de renseignements incroyables.

En outre, bien que l’hyperconcurrence des médias ait transformé le métier de journaliste, en forçant ceux qui l’exercent à toujours être plus rapides, on peut dire que le phénomène les a amenés à développer leur originalité et à repousser leurs propres limites pour conserver leur propre pertinence.

Et bien qu’on assiste depuis quelques années à l’apparition des journalistes citoyens, dont certains font un excellent travail, ils ne pourront jamais remplacer totalement ceux qui agissent au nom d’une entreprise de presse.

Le journalisme, et par la bande, tous les métiers intimement liés aux médias, sont encore en mutation. Mais le fait qu’ils se transforment ne signifie pas automatiquement qu’ils vont disparaître; ils s’adapteront toujours aux changements, en phase avec les nouvelles techniques de consommation des médias.

Il revient donc à nous, en tant que travailleurs de l’information, de nous réinventer et de tirer profit de ces transformations, plutôt que d’y voir une fatalité annonçant notre extinction.

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