L’information en ligne devrait-elle être systématiquement gratuite?

Nous apprenions hier qu’une partie du contenu en ligne des quotidiens de Sun Media, filiale de Quebecor, deviendra payante.

Ce « mur payant » limitera l’accès aux Internautes à certains articles publiés sur le site. Pour les consulter, il faudra être abonné à la publication papier ou payer un montant avoisinant 5$ par mois. Ces publications emboîtent ainsi le pas au Journal de Montréal, autre média de Quebecor, qui offre un contenu « VIP » payant à ses abonnés depuis septembre.

Notons que le géant médiatique n’est pas le seul ni le premier à éliminer la gratuité totale des contenus sur ses portails : le Globe and mail, The Gazette et Le Devoir, entre autres, ont graduellement mis en place des sections payantes sur leur site au cours des dernières années.

Un « mal » nécessaire

Est-ce un pas en arrière que de faire payer les Internautes pour des contenus auxquels ils avaient accès jusqu’alors gratuitement ? Malheureusement, non.

La fin de la gratuité de certains contenus journalistiques (j’insiste sur le fait que d’autres doivent rester gratuits) semble être un « mal » nécessaire dans la survie de certains médias d’information.

Contrairement à ce que l’on pense, l’information, qu’elle soit sur papier ou en ligne, n’est pas gratuite. Un reportage coûte au média (à travers son personnel) de nombreuses heures de recherche, de préparation, de vérification, de rédaction, la prise de photos, etc.

La fin de l’ère papier ?

Souvenons-nous de l’apparition des grands journaux sur le Web. On avait prématurément annoncé la mort du journal papier.

Les années ont passé et, particulièrement en raison l’apparition des plateformes mobiles, la fin des éditions imprimées des quotidiens se fait de plus en plus sentir. Hypothétiquement, cela signifierait la perte des revenus publicitaires du support papier, encore supérieurs aux recettes de la publicité en ligne, et peut-être un divorce avec annonceurs de longue date qui ne désirent pas s’afficher sur les portails (eh oui, ça existe encore !)

Qui plus est, le lectorat des quotidiens a diminué au cours de la dernière décennie, à l’exception des journaux gratuits, qui connaissent une hausse fulgurante, comme nous l’apprend le Centre d’étude sur les Médias. Comme le format papier d’un quotidien coûte beaucoup plus cher à produire que la diffusion de son contenu via une plateforme, le journal est de moins en moins rentable.

À l’inverse, l’achalandage des portails web des grands médias ne cesse d’augmenter, même si beaucoup d’usagers continuent de consulter la version papier. On peut donc comprendre le besoin des médias d’aller récupérer une part de revenus en ligne équivalente à celle qu’ils ont perdu avec la diminution du nombre d’abonnements et des ventes des copies papier.

Bref, la popularité grandissante des médias électroniques et la dégringolade conséquente de leurs versions imprimées a amené une restructuration importante de l’économie des médias. Peut-on leur en vouloir de tenter de maintenir leurs revenus sans vouloir sacrifier la qualité des contenus ?

Dernier bémol : si certains articles en ligne sont destinés à être payants, il est impératif que les recettes servent à financer ces contenus et à bonifier l’offre aux usagers.

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3 réflexions sur “L’information en ligne devrait-elle être systématiquement gratuite?

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