Le mannequin québécois Vin Los est en train de remporter son pari: le jeune homme de 24 ans, originaire de Granby, souhaite devenir rien de moins que l’homme le plus célèbre du monde et ce, grâce à la centaine de mots qu’il a de tatoués sur le corps, même sur son doux visage.

En l’espace de quelques jours à peine, il est passé d’illustre (et étrange, pour certains) inconnu à phénomène du web, des médias de partout dans le monde.

Tout juste avant que sa notoriété ne décolle comme un avion de chasse, j’ai eu l’opportunité de faire une entrevue avec le personnage pour La Voix de l’Est. Le tout s’est avéré une incursion des plus intéressantes dans l’univers de la culture populaire, dont il se nourrit allègrement et dont il souhaite devenir l’icône.

À prime abord, on peut croire que ce que Vin Los recherche, c’est la notoriété pure et simple. Il ne serait pas le premier, à l’ère des selfie et de la célébrité instantanée que procurent les médias sociaux. Mais quand on s’arrête quelques instants sur son discours, on réalise que les médias font partie de sa stratégie pour aller encore plus loin. Bref, on comprend que Vin Los recherche plus que ses quinze minutes de gloire. Il en veut des heures.

Son objectif n’est pas la célébrité en soi, mais bien ce que cette célébrité pourra lui permettre d’accomplir. Il utilise donc les médias pour parvenir à ses fins, et il ne s’en cache pas. L’avenir nous dira si cette popularité fulgurante dont il jouit ces jours-ci saura se transformer en quelque chose de plus durable.

Alors, qu’on soit d’accord ou non avec la démarche de Vin Los, force est d’admettre que pour lui, ça marche.

De ce fait, l’attrait que Vin Los a suscité subitement chez les médias du monde entier est tout aussi fascinant parce que ceux-ci lui donnent l’attention qu’il veut, alors qu’ils se targuent sans cesse d’être indépendants, qu’ils ne sont pas manipulables et qu’ils veulent se distinguer les uns des autres. Alors pourquoi, s’ils en ont l’occasion, acceptent-ils tous joyeusement de tomber dans le « piège »?

D’abord, il créé le « buzz ». Comme ses tatouages ne font pas l’unanimité, le phénomène fait jaser. Si ce n’est pas encore le cas, la seule publication d’une photo de l’individu incitera les auditoires, curieux, à consulter la page, mais surtout, entamera d’enflammés débats.

Comme il suscite la controverse en ce moment, tout le monde veut sa part de gâteau, ou plutôt, personne ne veut passer à côté.

C’est justement ce que les médias recherchent: des contenus qui font réagir, qui seront consultés et partagés. Des contenus qui attirent un auditoire, qu’on vend à des annonceurs, qui eux rapportent des profits. C’est pourquoi les nouvelles insolites, les potins et les faits divers font partie des contenus les plus « rentables » pour un média.

Bref, en même temps que Vin Los utilise les médias pour parvenir à ses fins, les médias l’utilisent pour s’enrichir. Un marché où tout le monde gagne.

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

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