Sonneurs d’alarme: que l’intérêt public prime

Hier soir, la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a été invitée à se prononcer sur le Projet de loi 87, Loi facilitant la divulgation d’actes répréhensibles dans les organismes publics. On peut visionner l’audience ici.

Pourquoi punir, emprisonner ou enquêter sur un individu qui, constatant une malversation dans le système, décide de tirer la sonnette d’alarme pour le bien de tous? Cela semble contradictoire dans la mesure où on cherche à éliminer les situations nuisibles.

La protection des sonneurs d’alerte est un débat qu’on retrouve un peu partout dans le monde. Les exemples sont nombreux.

Bien que le projet de loi parte d’une bonne intention, plusieurs lacunes ont été soulevées par la Fédération, notamment l’absence du concept d’intérêt public et l’arbitraire permettant de définir celui-ci, mettant tout le fardeau sur les épaules du sonneur d’alerte.

La FPJQ est d’accord avec le principe de fixer des balises à la divulgation d’informations confidentielles. Elle est consciente qu’il peut exister des contextes où certaines révélations ne sont pas justifiées. Cependant, pour la FPJQ, le critère fondamental pour juger de la chose, c’est l’intérêt public. Si un divulgateur révèle des informations qui sont d’intérêt public, alors il devrait être protégé.

À cela s’ajoutent l’absence de protection pour les dénonciateurs des secteurs municipal et privé, de même que pour ceux qui s’adressent aux journalistes.

Sans vouloir crier à la mauvaise foi du ministre et de certains porte-parole des partis d’opposition, il semble que ceux-ci ont mal interprété les doléances de la FPJQ. On a rappelé l’existence de mécanismes de dénonciation déjà en place, comme la Protectrice du citoyen, l’UPAC et les services policiers.

On sentait en effet dans leurs propos qu’ils considéraient les journalistes comme des enfants gâtés, réclamant qu’on leur communique systématiquement toute information, comme si le projet de loi les aurait empêchés de faire leur travail.

Mais il n’en est rien. Ce que la FPJQ est venue plaider, hier soir, c’est à nouveau le fait que certains sonneurs d’alerte ont subi des représailles après avoir dénoncé une situation et ce, à l’interne. D’autres craignent qu’il leur arrive un sort semblable et perdent le lien de confiance qui les unit à l’institution, c’est pourquoi ils se tournent plutôt vers des journalistes, a-t-on rappelé.

Et ce que ceux-ci réclament, c’est plutôt une protection pour ceux qui dénoncent, peu importe à quelle instance, en incluant le coulage d’informations aux journalistes, quand cela est fait dans l’intérêt public, le seul critère qui devrait déterminer si on devrait traquer ou non une source. Un plaidoyer de longue haleine que continue de marteler la FPJQ dans l’espoir qu’il soit un jour entendu par les élus.

Qu’on cesse de vouloir étouffer les scandales et les faux pas par orgueil, par peur de perdre la face ou sa crédibilité. En permettant aux sonneurs d’alerte de dévoiler ces situations au grand jour, on renforcera au contraire le lien de confiance qui unit le politique et le public. L’erreur est humaine, la transparence est la clé.

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