La une qui tue

Voici une première page qui fait réagir. Des réactions ici, ici et ici.

Semble-t-il que l’homme en fâcheuse posture sur la photographie y a été poussé par un sans-abri à la suite d’une altercation. Personne n’a pu secourir l’homme à temps. On peut donc deviner les clichés qui suivent.

Selon les informations colligées sur ce fait divers, le photographe présent sur les lieux n’aurait pas eu la force physique de soulever le pauvre homme, et aurait utilisé son flash pour avertir l’opérateur du métro du danger imminent.

Sans mettre en doute les intentions du photographe, une question est souvent soulevée dans les réactions provoquées par la une: pourquoi personne ne lui est-il venu en aide?

L’histoire n’est pas sans rappeler ce gagnant d’un prix Pulitzer, ou ce cliché récipiendaire d’un World Press Photo.

Bien sûr, une image vaut mille mots. L’illustration de la mort, de la misère humaine est beaucoup plus percutante que sa simple description textuelle, c’est évident.

Le mandat des journalistes (titre qui inclut à mon sens  les reporters, commentateurs, photographes et tous ceux qui rapportent des informations, écrites, audiovisuelles et numériques, pour le compte d’un média) consiste d’abord à être témoin des événements sans en influencer le cours. Or, une dangereuse limite a été franchie avec cette une pour le moins sensationnaliste.

Le choix du New York Post de publier cette photo en première page est discutable. Certes, la nouvelle est « juteuse » et fera couler beaucoup d’encre. Mais valait-elle mort d’homme?

L’article complet ici.

Une réponse à « La une qui tue »

  1. Avatar de Les journalistes sont-ils des complices? | Marie-Ève Martel

    […] Le photographe du New York Post devrait-il être condamné pour négligence criminelle? […]

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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