Liberté, je crie ton nom partout

Ça vous rappelle sans doute quelque chose.

C’était le slogan de la campagne pro-liberté d’expression au cœur de laquelle s’est retrouvé Jean-François (Jeff) Fillion, lors de la manifestation s’opposant à la fermeture par le CRTC de Radio X, alors propriété de Genex.  M. Fillion a la réputation d’avoir un franc-parler, à défaut d’avoir un filtre, et il fait l’usage de sa tribune comme bon lui semble.

Liberté pour liberté d’expression, un droit qu’a souvent revendiqué M. Fillion pour justifier ses propos controversés à l’égard de plusieurs personnalités médiatisées, ce qui lui a valu plusieurs poursuites, dont le célèbre cas de Sophie Chiasson. On pourrait même dire que ça a été sa marque de commerce jusqu’à ce qu’il perde son micro.

Cela ne semble pas avoir été assez pour lui faire comprendre que même si la liberté d’expression est un droit, ce droit ne lui confère pas le droit de dire n’importe quoi, pas plus que cela ne l’absout des conséquences de ses déclarations.

Depuis, M. Fillion a repris l’antenne sur les ondes de NRJ et fait moins de remous qu’auparavant. Mais le voilà qui défraie à nouveaux les manchettes parce qu’il s’en est pris à Raif Badawi, ce blogueur emprisonné en Arabie-Saoudite pour avoir écrit son opinion, une opinion qui n’est, malheureusement pour lui et heureusement pour le reste du Monde, pas calquée sur les idées politiques prisées par le pouvoir. Sans parler de l’amende de plusieurs centaines de milliers de dollars et des cinquante coups de fouet hebdomadaires qu’il a été condamné à payer et à recevoir.

Selon les propos rapportés, M. Fillion se demande pourquoi le Canada défend la cause du blogueur, qui n’est pas Canadien et qui a été téméraire de contredire le pouvoir en place. Qu’il savait à quels risques il s’exposait et qu’il mérite donc sa peine pour avoir été de l’avant. Cela n’a pas tôt fait de susciter plusieurs réactions. Une autre ici. Et une autre .

Ce qui me surprend, c’est que cet apôtre autoproclamé de la liberté d’expression utilise le privilège que constitue sa tribune pour rabaisser un homme dont la propre liberté d’expression a été bafouée. A-t-il tenu des propos semblables à l’endroit des journalistes de Charlie Hebdo? Méritaient-ils de mourir selon lui?

Nul doute que M. Fillion, s’il lui reste un peu de bon sens et d’humanité, doit trouver le sort réservé à Raif Badawi terrible. Surtout que s’il vivait en Arabie Saoudite, c’est lui qui aurait eu droit aux coups de fouet, à une certaine époque.

Cependant, ses propos reflètent tout le contraire.

Liberté, je crie ton nom partout… sauf ailleurs et pour les autres. Tel est le discours de M. Fillion dans le cas qui nous intéresse. Ça pue l’hypocrisie.

C’est bien dommage, car l’animateur a raté, une fois de plus, une occasion de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de l’ouvrir.

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