Journal de Mourréal: la fête est-elle finie?

Belle bombe de Droit Inc ce matin: Le Journal de Montréal intente une poursuite contre sa copie satirique, Le Journal de Mourréal. Selon le quotidien, le site humoristique utilise son image et sa notoriété pour réaliser un gain financier, en plus d’entraîner la confusion entre les deux marques et de nuire à sa réputation. La requête réclame du Journal de Mourréal que ses activités cessent et que les revenus tirés du site lui soient versés.

La nouvelle a tôt fait de se répandre comme une traînée de poudre sur les médias sociaux et traditionnels. Certains ont même d’abord cru à une blague.

La situation n’est pas sans rappeler la disparition d’un autre site satirique, La Presse Plusse, imitation de La Presse +. Cette dernière avait menacé sa copie de poursuites judiciaires. Devant la pression, la plateforme avait cessé ses activités, il y a un peu plus d’un an. Le Journal de Mourréal avait alors publié un statut sur Facebook en geste de solidarité.

Plusieurs avaient dénoncé cette situation, comme plusieurs dénoncent actuellement le recours du Journal de Montréal. « Comment peut-on se proclamer Charlie (pour la liberté d’expression) et exiger la fermeture d’un site ? » a-t-on lu.

Certains déplorent le manque de sens de l’humour du quotidien. Faire de la satire n’est pas illégal: peut-être vaudrait-il mieux en rire, disent-ils.

Or, en-dehors de l’industrie médiatique, de telles poursuites sont courantes. Les entreprises défendent leur marque de commerce bec et ongles. Un exemple bien connu est celui d’Oasis, qui avait fait réagir à l’époque.

En ce sens, ce qui doit réellement déranger le Journal de Montréal, c’est la confusion qui existe entre les deux plateformes. Beaucoup de gens se sont fait prendre et ont cru, à tort, que les fausses nouvelles du Journal de Mourréal étaient de véritables articles issus du quotidien de Québecor. Pour exemple, ce faux baiser entre Thomas Mulcair et Justin Trudeau, qui a même confondu la mairesse de Paris, Anne Hidalgo.

Car il faut le reconnaître, les auteurs derrière ces parodies étaient passés maîtres dans l’art du pastiche. Tant l’infographie que la manière de traiter des sujets loufoques étaient  très près du modèle original. Aussi bien dire que c’est sa marque de commerce.

Cela dit, si QMI remporte sa cause, cela ne signifiera pas la fin des sites satiriques. Si l’un deux disparaît, il y en aura d’autres qui émergeront.

Et, bien que le Journal de Mourréal compte plus de 95 000 abonnés sur Facebook, le simple fait de le poursuivre lui donne encore plus de visibilité…

Ne dit-on pas que l’imitation est la plus sincère des flatteries?

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