Information à la pièce

Petite réflexion sur ce billet de blogue intitulé Les journalistes sont effrayés à l’idée de se réinventer et qui traite d’une conférence tenue il y a deux semaines. On y discutait des avenues d’avenir pour les médias, particulièrement pour la presse écrite dont la mort a été maintes fois annoncée.

Le titre à lui seul suscite une réflexion. Ont-ils réellement peur de se réinventer, ou bien les journalistes sont simplement un peu perdus à travers tous les tourbillons que subit la profession? C’est une question à laquelle les intervenants tentent de répondre.

« Chaque article doit trouver son propre public », lit-on dans le résumé de la conférence. Une première observation directement liée à l’expansion du web et des nouvelles technologies mobiles qui placent désormais l’individu au cœur des médias. Il en devient le maître, et ceux-ci tentent de l’alimenter en contenus qui suscitent son intérêt plutôt que de lui proposer des contenus qui serviraient à l’informer sur son environnement. Dans un deuxième temps, les interlocuteurs notent que le journalisme d’enquête est de moins en moins présent dans les médias.

Bref, ce qui semble ressortir de la conférence, c’est que le choix des contenus et la manière de les consulter a changé et que les médias n’ont pas tous encore emboîté le pas.

C’est un constat qui peut s’expliquer en grande partie par les médias sociaux et les fameux « J’aime ». Désormais, on ne consulte et on ne partage que les contenus qui rejoignent nos propres intérêts. Quelle utilité ont donc désormais les médias traditionnels pour les jeunes auditoires? Ceux-ci semblent préférer des médias qui ressemblent davantage à des plateformes de partage de contenu, et où ils peuvent accéder et filtrer directement ce qui les intéresse. Tout comme ils ont délaissé, en partie du moins, l’achat de disques en magasin pour ne télécharger que les pièces qui leur plaisent sur les albums de leurs artistes préférés.

Certes, le numérique a énormément révolutionné la manière de consommer l’information: on la consulte à la pièce plutôt que de la considérer comme un tout dans un même média. Mais ce constat signifie-t-il que pour se réinventer, les journalistes doivent revoir leur mission fondamentale, qui est de rapporter des faits d’intérêt public pour leur auditoire au profit de ce qui stimule l’intérêt de celui-ci? Doivent-ils troquer la couverture des affaires publiques pour traiter davantage de nouvelles divertissantes, tel qu’on peut l’observer depuis quelques années déjà?

Ou au contraire: et si se réinventer était donc plutôt, dans le cas des médias d’information, de retrouver leur essence, celle-là même qui était à la base de leur existence au tout départ?

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