Selon cette petite dépêche de l’Agence France-Presse, le président américain Barack Obama favoriserait une stratégie de communication davantage axée sur les médias sociaux et la présence dans des émissions de style talk show plutôt que d’accorder des entrevues à de « véritables » journalistes.

Dans l’article, le porte-parole de la Maison Blanche détaille les interventions médiatiques de M. Obama.

Il a aussi noté que M. Obama avait donné 35 conférences de presse en quatre ans de mandat, et accordé 591 entretiens.

Mais la signification de ce dernier chiffre fait débat, nombre de ces interviews ayant été diffusées par des émissions de divertissement, comme celles des animateurs Oprah Winfrey, Jay Leno et David Letterman.

M. Obama s’exprime aussi beaucoup sur les télévisions locales américaines, nourrissant le soupçon de vouloir court-circuiter les questions plus acérées des correspondants politiques. Le journal Politico notait mardi que M. Obama n’a en revanche plus parlé en tête-à-tête au New York Times, au Washington Post ou au Wall Street Journal depuis 2010.

Parallèlement, M. Obama a multiplié les recours aux réseaux sociaux, comme Twitter, Facebook, Google+ et Reddit.

Cela me fait poser la question suivante : les élus devraient-ils avoir leur propre tribune dans les médias?  En ce qui a trait aux médias traditionnels, je tenterai d’y répondre dans un prochain billet.

Dans le cas des médias sociaux, la dynamique est totalement différente de celles des médias d’information. En effet, quiconque le désire peut désormais avoir sa propre vitrine en ligne. Les médias sociaux permettent donc aux politiciens de transmettre leur discours tout en échappant au filtre journalistique.

Le problème avec ce système est qu’il est facile pour le principal intéressé d’occulter des faits qui, s’ils étaient connus du public, pourraient lui nuire. La communication est dès lors tout sauf transparente. Elle demeure cependant nécessaire, car les contraintes de temps et d’espace des journalistes les forcent parfois à omettre certains détails dans leurs reportages, détails qui leur semblent les moins importants ou pertinents.

Qui plus est, les usagers des médias sociaux ont le libre choix de s’abonner au profil de qui ils veulent; les auditoires sont donc souvent déjà conquis et il est facile de rallier ses abonnés à sa cause. Cela permet à l’acteur de s’adresser directement à sa cible et d’obtenir une rétroaction quasi immédiate.

En contrepartie, les détracteurs ont eux aussi beaucoup plus facilement accès à l’intervenant et peuvent communiquer directement avec lui. On peut donc plus difficilement les ignorer!

Une réponse à « Les médias sociaux: outrepasser la censure journalistique »

  1. Avatar de Les élus devraient-ils avoir leur propre tribune dans les médias? | Marie-Ève Martel

    […] posé la question récemment : quelle place les élus devraient-ils occuper dans les médias? Dans le premier volet de ma réflexion à ce sujet, je vous ai entretenu des avantages des médias sociaux pour s’absoudre du filtre […]

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Je suis Marie-Ève Martel — journaliste, autrice, professeure et entrepreneure passionnée par tout ce qui touche l’information et son rôle démocratique.

Depuis plus de 15 ans, je raconte, j’enquête et j’analyse le monde à travers divers médias. J’ai publié plusieurs essais engagés, je forme la relève universitaire et les professionnels des médias. Je prends régulièrement la parole pour défendre une information rigoureuse, accessible et éthique.

Surtout, je suis une amoureuse farouche de l’information de qualité au nom de l’intérêt public. Je crois en un journalisme rigoureux, courageux et profondément humain. J’aime bâtir des projets qui ont du sens et une valeur sociale.

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